Orties : laissez-vous piquer par la cuisine sauvage d’un petit Couillon

31 mai 2019 • À la Une, CHEF, MOFF RESTOS, MOFF TALENTS, PARIS

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Dans une rue étroite du 9ème arrondissement, tout au fond d’un petit restaurant au design apaisant, se cache un héros très discret. Fine moustache, regard timide, limite fuyant, Thomas Benady n’est pas exactement le genre à donner des diners à quatre mains sur la Croisette entre deux passages à Fort Boyard. Thomas est un bosseur. Comme tous les chefs autodidactes, il doute perpétuellement de son réel talent, alors il bosse toujours plus pour tacher de mériter autant, sans savoir qu’il est déjà un des meilleurs. En attendant le coup de coeur providentiel d’un inspecteur égaré, comme un Alexandre Couillon en son temps, il construit sa cuisine, il fermente, il infuse… Et on l’imagine la nuit à la lueur d’un cierge renifler des herbes improbables, potasser et repotasser inlassablement toutes sortes d’ouvrages gastronomiques des plus classiques aux plus nordiques, puis le jour, muni d’un carnet d’adresses bien fourni, draguer nos meilleurs producteurs, éleveurs, pêcheurs et artisans français pour trouver la noble matière organique de son formidable menu en 7 actes à 62€.

Si comme nous, vous aimez aller au restaurant pour enrichir votre culture des goûts et des produits et surtout pour sortir des sentiers battus, ce restaurant est pour vous. Alors oui, évidemment il faut faire confiance au chef et s’embarquer les yeux fermé pour le menu animal. Dès les premiers amuse-bouches, on sent le travail de recherche, l’envie de création et le profond respect du produit et des saisons : oeufs de truites, épinard, eau de sapin-oeuf confit-pousses de pin, le ton est donné ! Thomas Benady sublime chaque produit avec des parti-pris subtils et raffinés : coques et verveine, cabillaud délicieusement fumé et cuit à la perfection sur un jus d’asperges fermentées, veau, capucine et ail vert. Votre palais prend un véritable cours de botanique et en redemande… Après quelques bons verres de vins nature qui vous éviteront le mal de tête, la cueillette sauvage se termine par une inoubliable glace sureau, crémeux au pollen, fleurs de sureau et pousses de maïs glacé accompagnée d’un petit gâteau au polen, crème fleur d’oranger. De quoi quitter Orties comme une petite abeille joyeuse et voler vers l’étoile que ce restaurant mérite haut la main.

Les novices auront vite fait de nous dire : « Mais si le lascar est si talentueux, pourquoi le traiter de Couillon dans votre titre  ? » Parce que depuis qu’un certain chef prénommé Alexandre fait rayonner la France et ses trésors marins du bout de sa « presque » île de Noirmoutier, Couillon est devenu, en cuisine, le plus beau des compliments ! Comme la petite abeille hélas en voie de disparition, l’ortie sait aussi bien piquer (notre curiosité) que nous régaler !

ORTIES
26, rue Rodier
75009 Paris
Tel : 01 45 26 86 26

Site web du restaurant Orties

Instagram du restaurant Orties

INFLUENCE A LA DATE DE l’ARTICLE : INSTA 2.059

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