La Hipster Food est-elle vraiment si authentique ?

5 juillet 2019 • À la Une, MOFF LIVRES

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Si comme nous, vous vous intéressez aux dernières tendances de la restauration, vous allez adorer « No Fake », assurément notre plus gros coup de coeur livre de ces derniers mois.

Avec un style qui relève tantôt de l’essai sociologique, tantôt du pamphlet, Jean-Laurent Cassely s’intéresse à cet étonnant paradoxe qui fait de nous des êtres avides de modernité tout en regrettant l’authenticité des lieux et objets du passé. Et l’auteur de développer avec énormément d’humour la thèse suivante : « À force d’avoir fui un monde que nous considérions comme inauthentique, nous avons créé un monde de l’ « hyper vrai » qui prend parfois l’allure d’un nouveau stade du faux. »

Mais Jean-Laurent Cassely est-il lui même bien réel ? Apparemment oui ! Une rapide recherche sur Google nous apprend qu’il est journaliste et la découverte des titres hyper léchés de ses articles dans Slate.fr nous le rendent immédiatement sympathique : « Qui porte des Stan Smith en 2018 ? » ou encore « Avec les gilets jaunes, le rond-point français accède à la conscience de place ».

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Mais si on vous parle de lui c’est d’abord parce que dans « No Fake », Jean-Laurent Cassely s’intéresse plus particulièremet à la French Food. Au fil des chapitres, il enchaine les illustrations de son « hyper vrai » en piochant principalement dans le secteur de la restauration. De Jean Imbert et son bistrot Mamie (ouvert avec sa Grand-Mère) à l’hilarante description d’un concept rendant hommage aux restaurants routiers mais situé en plein coeur du Paris branché…

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…sans oublier le portrait d’une sandwicherie hipster installée dans une ancienne boucherie, on dévore et on se régale :

Extrait :
«  Ce jour là, on ne croque pas dans un sandwich générique mais dans un véritable jambon-beurre estampillé Prince de Paris, devenu en quelques années le label qui compte dans la hype néo-charcutière parisienne. A l’heure de l’authenticité comme marchandise, tout à une provenance – jambon, pain, sel, beurre et café inclus – en attendant l’eau du robinet. Comme les personnages de Game of Throne, les ingrédients des cartes de néo-bistrot parisien viennent tous de la Maison « Quelque chose » . »

L’auteur pointe également l’influence montante des réseaux sociaux et notamment d’instagram :
« Depuis quelques années, les restaurateurs ont opéré leur propre transition digitale pour se hisser au niveau de ce nouveau standard, au point qu’il est devenu commun de faire appel à des agences de design d’intérieur et de décoration qui savent rendre un bistrot propice au partage sur les réseaux sociaux, et qu’il n’est plus rare de tomber sur des recettes pensées et réalisées pour être partagées avant dégustation sur Instagram. »

Vous l’aurez compris ce livre gavé de punchlines savoureuses se dévore comme un oeuf mayo chez la mamie de Jean Imbert. Finissez vite votre assiette, et courrez l’acheter.

No Fake, contre-histoire de notre quête d’authenticité, de Jean-Laurent Cassely, éditionns Arkhê.

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